05.03.2009
De l'esclavage moderne


Un texte édifiant, découvert sur internet (extraits)
L'esclavage moderne
Si en théorie l'esclavage a été aboli dans tous les pays depuis les années 1980, en pratique on constate qu'il a pris de nouvelles formes et s'est adapté aux nouveaux visages de la société. Le fléau séculaire est devenu moins violent physiquement parlant mais il est plus surnois et plus sordide car les victimes ont aujourd'hui plus conscience que jamais de leur condition d'esclave mais constatent avec désespoir que le public reste insensible à leur douleur, mal informé ou préférant tourner la tête. Heureusement, l'ONU, les ONG et bien sûr les médias font leur possible pour aider les victimes et dénoncer les marchands d'esclaves.
Dans son rapport du 26 juillet 2006, l’Human Rights Watch (HRW) rapportait que la violence et des conditions proches de l’esclavage existaitent toujours dans 12 pays, principalement des abus contre les travailleurs domestiques. Mais ainsi que nous allons le découvrir, un recencement rapide permet toutefois de multipler ce nombre par deux sinon plus.
Dans les faits, le Bureau International du Travail (BIT), qui dépend de l’ONU, ne dénonce pas exactement l'esclavage, mais l'ampleur du travail forcé dans le monde, qu'il définit comme : « le travail ou le service exigé [qui] est exécuté sous la menace d’une peine et contre la volonté de la personne ».
Dans un rapport publié le 11 juin 2005, le BIT estime que 12.3 millions de personnes sont touchées par ce "fléau social" qui revêt des formes très diverses que nous allons décrire.
Selon le BIT, le travail forcé est présent sur toute la planète, y compris dans les pays occidentaux, mais il se développe essentiellement dans les pays pauvres où règne à cet égard non plus un vide mais un abîme juridique ! Il touche d’abord les femmes (56%) et les jeunes de moins de 18 ans (40%). Corvéable et docile, cette main-d'oeuvre est très lucrative pour le secteur privé et prospère dans l’indifférence de nombreux gouvernements.
Ainsi, au Maroc (Casablanca, Rabat et Tanger) quelque 66000 fillettes sont employées pour des travaux domestiques. Selon le HRW relayé par le webzine marocain "Yabiladi", « Les petites bonnes marocaines travaillent 126 heures par semaine et subissent des violences physiques et sexuelles de la part de leurs employeurs. Elles triment entre 14 et 18 heures par jour durant toute la semaine et sans aucun repos. Elles reçoivent uniquement 4 dirhams par jour ». Un sondage indique que 83% de la population approuve le projet de loi visant à criminaliser ces actes scandaleux.
Le travail forcé domestique peut également relever de la "servitude pour dettes" comme il est de tradition en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie ainsi que nous l'avons vu. Aujourd'hui, à grande échelle ce trafic d'êtres humains est organisé par des mafias internationales.
Malgré sa pauvreté, l’Afrique Noire n’est pas épargnée. En effet, depuis des années les ONG font appel à l'aide internationale et aux médias pour dénoncer l’esclavage qui reste une pratique courante en Afrique où le BIT a recencé quelque 660000 esclaves agricoles !
Au Niger, bien qu’une loi de 2003 punisse de prison l'esclavage, de nombreux Nigériens sont exploités sans salaire et ne bénéficient d'aucun droit. Le gouvernement minimise l'existence de cette pratique alors que le trafic des enfants n'est même pas réprimé. On retrouve également des enfants maliens esclaves en Côte d'Ivoire que l’on exploite dans les plantations.
Au Kenya le webzine "The Nation" (Daily Nation) de Nairobi dénonce les "ayahs", ces jeunes filles esclaves auxquelles leur “propiétaire" confient les plus sales besognes et généralement sans rémunération : charbon, tirage d'eau, nettoyage du linge, soins aux animaux domestiques, cuisine, quand leur patron ne les exploite pas sexuellement... La plupart de ces personnes n’ont pas de permis de séjour ni contrat de travail et vivent prisonnière dans une cave ou un local à l’abri des regards. Certaines parviennent heureusement à s’échapper de leur prison et à dénoncer leur exploitant.
En Mauritanie, le régime républicain en place tolère l’esclavage qui sévit encore dans le nord et le centre du pays où des enfants font l'objet de rapt ou parfois de vente hors de la Mauritanie vers les pays arabes.
Taube Hmeid, esclave Haratine dans son propre pays, la Mauritanie. Document Reuters.
En novembre 2006, l'agence de presse Reuters dénonça l'esclavage dont faisait l'objet des milliers de femmes Haratine dans la société mauritanienne.
Alors que l'esclavage a été officiellement aboli dans ce pays en 1981, on peut toujours prêter ou louer un homme esclave (Haratine ou abid) soit pour accomplir un travail servile soit comme "étalon" pour féconder des femmes esclaves, propriétés d’un autre maître. Les esclaves ne se marient qu’en fonction du besoin du maître : les enfants sont séparés de la mère vers l’âge de deux ans, et appartiennent au maître ; ils peuvent être mutilés en cas de "fautes graves". Ces esclaves restent au service de leur maître jusqu'à leur mort. Comble du mépris, ils sont privés jusqu’au droit d’héritage qui revient à leur maître.
Au Soudan, le gouvernement de Khartoum n'a jamais voté les lois punissant l'esclavage des Noirs ni même discuté de leur émancipation. En 1980, le gouvernement chercha à légaliser cette pratique par des lois islamiques. Les juristes (uléma, les docteurs de la loi, en fait des théologiens musulmans) ont considéré que l'esclavage n'était pas interdit sur base religieuse mais que son abolition était de la compétence du gouvernement à condition que les propriétaires soient dédommagés pour la perte subie. A ce jour personne n'a jamais sollicité de compensation.
A gauche, en Asie le travail voire la vente des enfants est jugée "normale" dans une société qui arrive à peine à survivre. Ils sont généralement exploités dans de petits besognes artisanales (confection, manutention) mais où les risques d'accidents ne sont pas moins élevés. A droite, cette jeune fille s'appelle Surekha et vit en Inde. Elle est esclave domestique et doit vivre dans une pièce sale mesurant 1x2m. Elle y prépare la cuisine et y dort, entourée de ses quelques effets personnels. Son maître lui a transmis le SIDA. Aujourd'hui 0.9% de la population indienne est touchée par cette maladie. De toute évidence, bien que l'Inde soit un état démocratique, les droits de l'homme y sont toujours bafoués. Les indouistes comme les musulmans modérés prônent la tolérance, le respect de la vie et sont soi-disant prudes, choqués quand un couple s'embrasse en public ou qu'une femme montre ses formes mais l'esprit de caste et le mépris des plus faibles reste d'actualité. Documents NGS.
En Inde, depuis toujours les Indiens des classes les plus modestes et oubliés par le gouvernement et les Maharaja sont contraints d'envoyer leurs enfants gagner leur vie dès l'âge de la puberté si pas plus tôt encore. Sans ressource et sans aide, ces enfants de la rue vont rejoindre des milliers d'autres mendiants dans un pays qui interdit la mendicité ! La police les traite comme des chiens dans l'indifférence de la population qui a d'autres bouches à nourrir.
Concernant les jeunes femmes, le journal "Kerala News" constate que "les abus sont légion" et vont jusqu'à la prostitution. Il rappelle que des émigrées indiennes "finissent esclaves chez des Arabes".
En Corée du Nord, les ouvriers qui se révoltent sont enfermés dans des camps de redressement ou sont condamnés à mort. C'est aujourd'hui l'un des pays les plus fermés du monde où la propagande remplace la liberté d'expression.
En Chine, depuis des décennies c’est "Travaille et tais-toi". Les opposants politiques (Cf Tiananmen) et les intellectuels sont réprimés et tués tandis que le Bureau de la censure veille sur Internet.

56% des travailleurs forcés sont des femmes, comme ici en Chine. Document AFP.
Même les employés sont maltraités. Selon le quotidien "China Daily" de Pékin, les horaires des ouvriers chinois comme les salaires ne sont pas garantis. Il estime que 220000 personnes d’origine rurales sont exploitées par des "urbains pressés" à Pékin. Les ONG en place constatent qu’il y a un gouffre entre les contrats et la réalité qui se déroule dans un espace "privé", loin des regards indiscrets.
La même situation se répète à grande échelle en Russie où l'activité économique des principales métropoles est presque totalement entre les mains de riches clans mafieux qui ont tissé un important réseau de trafic de biens et de personnes avec tous les pays d'Europe.
Il ne faut pas croire que les pays occidentaux et soi-disant civilisés sont épargnés par l’esclavage, que du contraire. Il semble que plus les gens ont d'argent, plus ils prennent plaisir à exploiter les autres.
Enfants libérés de l'esclavage en Inde. Des ONG et des associations de particuliers sensibilisés par leur détresse payent leurs frais de scolarité. Document Free The Slaves.
Dans les pays riches, le BIT estime que les arrières-boutiques d’Europe et des Etats-Unis renfermeraient quelque 360000 travailleurs sans papiers et sans droits, enchaînés par la peur des descentes de police, pour le plus grand profit de leurs exploiteurs.
Aux Etats-Unis, en l’an 2000 les médias ont tiré à boulet rouge sur les géants de la confection américaine installés en Extrême-Orient, notamment sur Nike et Adidas (Reebok) installés en Indonésie. Rappelons qu’en 1980, Nike quitta la Grande-Bretagne pour s’installer en Corée du Sud et à Taiwan. Au début des années 1990, le fabricant déplaça son QG vers la Chine puis l'Indonésie, le Vietnam et Saipan, "l'île aux esclaves" où la main-d'œuvre était huit fois moins chère qu'en Corée. Mais les ouvriers ont fini par se révolter.
Nike comme Adidas et d’autres fabriquants d’articles de sport n’ont pas hésité à profiter des pauvres et des enfants pour fabriquer leurs chaussures et autres textiles à un prix défiant toute concurrence. En Indonésie par exemple Nike payait les ouvrières 2.46 $US par jour et seulement 1.60 $US par jour au Vietnam. Elles pouvaient fabriquer des dizaines de chaussures par jour qui se revendaient chacune entre 50 et 100$ aux Etats-Unis (au moins 50 € en Europe). On apprit ainsi que le salaire cumulé des 6500 employés de Nike en Thailande équivalait à ce que gagnaient les 13 membres du directoire de la firme ! Comme si cela ne suffisait pas, les responsables Indonésiens de Nike abusaient également physiquement et sexuellement des ouvrières.
L’Europe s’échappe pas à l’esclavage et au travail forcé. Il y a tout d’abord l’important trafic de jeunes femmes venuee de Russie et d’Europe de l’Est pour alimenter tous les réseaux underground occidentaux dont celui de la prostitution. Chaque année la police appréhende des centaines de proxénètes, des dizaines de réseaux mafieux sont démantelés. Malheureusement bien souvent les jeunes filles sont renvoyées dans leur pays car elles ne peuvent prétendre au titre de réfugiée politique.
Mais ceci n'est que le sommet de l'iceberg. Selon un rapport du BIT publié en mai 2005, 2.4 millions de personnes sont victimes de la traite des êtres humains dans le monde.
L’AFP nous rappelle que la France fut condamnée le 26 juillet 2005 par la Cour européenne des Droits de l'Homme pour n'avoir pas suffisamment réprimé un cas d'esclavage domestique dont avait été victime entre 1994 et 1998 une jeune Togolaise employée sans rémunération par un couple parisien.
En Italie, presque chaque année des "camps de travail forcé" sont démantelés dans le sud du pays. En 2007, ils exploitaient notamment de jeunes adultes sans emploi venus de Pologne.
Au Portugal, on découvrit en 2002 que le secteur du bâtiment exploitait une main-d'oeuvre en provenance des pays de l'Est, prise dans les filets des mafias du recrutement.
Déchaînez la démocratie !
Ainsi qu'on le constate, l'esclavage moderne est présent dans bien plus des 12 pays cités par le HRW - nous en avons listé 23 - et malheureusement probablement plus près de chez nous qu'on ne le pense.
Arrivé au terme de ce dossier, on a pu constater que l'esclavage n'est pas du seul fait de la gente masculine ou de tyrans sanguinaires régnant dans une république bananière. Les "avantages" et les "privilèges" qu'on peut retirer de cette exploitation de l'homme par l'homme intéressent beaucoup de monde, à tous les niveaux de pouvoir, de la Signare métisse ou du mafieux local au directeur de multinationale en passant par le couple qui habite peut-être à côté de chez vous.
En attendant que cette pratique soit abolie comme l'espère Juan Somavia, en ce XXIeme siècle où les gouvernements prônent la justice, la tolérance et la liberté, nous pouvons avoir honte d'être soi-disant humain quand on apprend que ce sont des gens (presque) comme vous et moi qui se comportent en esclavagistes ou exploitent la misère humaine.
Chacun à notre niveau, nous pouvons combattre ces pratiques inhumaines et dénoncer les abus. C'est ainsi que la démocratie pourra se déchaîner.
Le texte complet >>
12:43 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : démocratie, résistance, travail forcé, prostitution |
|
Facebook








Ecrire un commentaire